Dimanche 6 janvier 2008

LA CULTURE AU CARRE OU LES DEBORDEMENTS D’UN CONTAINER

 

Article de A. Crex paru dans Valeurs de l'Art N°27 - Nov 94

 

 
Le Syndicat des galeries d’art de province (SYGART) a assigné le Centre d’art contemporain de Bordeaux (CAPC) pour concurrence déloyale (« Le Monde » daté du 23 septembre 1994).

   La nouvelle en soi est remarquable quand on apprend que l’association du CAPC de Bordeaux qui avait bénéficié du don d’un artiste (pour services rendus ?) et avait mis en vente lesdites œuvres avec moult publicité, a été dissoute mais que le CAPC, qui est passé sous tutelle de l’Etat au 1er août 1993, a continué à vendre les œuvres en faisant, entre autres, des placards publicitaires dans les revues d’art jusqu’en octobre 1993. Fureur des galeristes qui par l’intermédiaire de Pierre-Jean Meurisse assigne le musée de Bordeaux.

   Jusque là, me direz-vous, l’énorme n’est pas loin de montrer son nez, mais avec l’art contemporain on a l’habitude. Seulement voilà, quand on sait que l’artiste en question n’est autre que notre Jean-Pierre Raynaud national, inventeur de l’art blanc carrelé, et qu’il avait proposé de vendre mille containers chirurgicaux remplis des débris de carrelage (exposés au CAPC durant l’été 1993) de sa maison blockhaus, au prix de dix mille francs pièce (1 517 ), et qu’il avait fait « don » des cent premiers containers à l’association du CAPC, maintenant dissoute… on ne rit plus, on est mort, gisant sur le carrelage de sa salle de bain (cf. « Valeur de l’art » N°18).

   Que faire, que dire, qu’écrire ? Car vous avez compris, chers lecteurs, que ce n’est pas tant la vente d’œuvres par un musée – ce qui déjà me méduse – qui me congèle le cervelet, mais qu’au-delà de tout pronostic, d’aucuns de mes contemporains ait pu acheter dix mille francs des débris de carrelage, dans un container !

   Lors donc, il faut bien se rendre à l’évidence : il y a de grand amateur d’art en France ! Ceux-ci n’hésitent pas à investir, et dans le meilleur, puisque public et privé se battent pour avoir l’honneur de vendre du carrelage culturel.

   A ce niveau, faut-il encore cacher sous silence que nous somme une nation la plus culturelle du globe ? Comment le monde pourrait-il encore longtemps ignorer que chaque français qui entre le matin dans sa salle de bains, pénètre en fait dans son musée personnel, et que non content de se laver les dents comme les autres citoyens des simples pays civilisés, le Français, lui, officie et procède à ses ablutions rituelles devant ses œuvres d’art immaculées ?

   Qu’est-ce que ce béret et ce vieux clope eu bec dont nous affublent les humoristes étrangers ? ! Jalousie ! Ils savent, eux, que Jean-Pierre Raynaud a représenté la France à la Biennale de Venise et qu’il a même remporté un prix, avec ses carreaux.

    Comme tous ces pays nous envient d’avoir un ministère qui sait si bien rendre à chaque citoyen le centuple de ce qu’il paie pour la culture, que même une douche, en France, est devenue culturelle ! Remarquez, Duchamp, que tout le monde veut nous voler, avait déjà abordé l’ébauche du commencement de grande révolution culturelle, en faisant du bidet le bénitier de l’art contemporain !
 

   Français, Française, que diable ! ressaisissons-nous !  Haut les cœurs et les porte-monnaie ! Encore un effort, et le tout-culturel resplendira bientôt partout. Chacun pourra enfin se dire qu’il est le citoyen-soleil dont les rayons vont éclairer l’univers, de la cave au grenier, sans oublier les lieux d’aisance qui, chacun ne le sait pas encore assez, sont à l’art en France ce qu’est la royauté à l’Angleterre contemporaine, la castagnette aux espagnols, la choucroute à la philosophie Allemande et la pizza à l’art quattrocento Italien. 

  Alors qui dira encore que le rayonnement français est en passe d’extinction et risque d’être laminé par les mélanges de culture et la bouillie médiocratique ?

   Fi de tous ces pessimistes qui ne croient pas dans le renouveau permanent de génie national !

Qu’on se le dise, non seulement chez nous on expose le carrelage comme un des beaux-arts, mais les amateurs achètent et l’Etat culturel finance.  

   Dans chaque ménagère astiquant sa cuisine, dans chaque citoyen faisant reluire sa salle de bains jusqu’à y contempler son faciès d’érudit gaulois, sommeille un allié actif de l’art prêt à sortir ses ergots pour défendre son patrimoine.

    En France, Monsieur, on a des chômeurs, peut-être, mais on pense aux artistes, aux vrais. Ceux qui sont capables d’élever l’âme de tout un peuple et de la faire se refléter dans les lieux cachés, aux pires moments de mélancolie.  Les vils étrangers pourront toujours se gausser de notre nombrilisme. Les pauvres béotiens ne comprennent rien ! N’est-ce pas dans les lieux carrelés de blanc que l’art de se regarder le nombril est encore le plus adéquat ? 

   Ne faut-il pas être « enculturé » jusqu’au dernier petit orteil pour dépenser dix mille francs (1 517 ) sonnants et trébuchants pour une œuvre d’art qui au kilogramme ne se vendrait pas un franc chez le premier récupérateur de matériaux de travaux publics ?

   Seuls ceux qui ne comprennent rien à rien ne chercheront pas à comprendre que rien c’est encore quelque chose, quand on sait plus quoi faire de son argent, et qu’on est un passionné de ce rien culturel qui éléve l’esprit et la température des imbéciles d’un degré au-dessus du zéro absolu. Pour certains amateurs d’art contemporain, c’est déjà le début de la fièvre…



 
A. Crex 

Par A. Crex - Publié dans : Humeur
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Jeudi 8 mars 2007

 

 Article d'A. Crex paru dans le mensuel : Valeurs de l’Art – N° 34 – Juillet/Août 1995

   

           La culture, c’est comme la santé. Quand on pratique les médecins de façon chronique, la santé se résume à suivre la posologie d’une ordonnance qui se renouvelle jusqu’à la mort. L’idéal devient alors de mourir en bonne santé en l’ayant mauvaise pendant toute l’existence. La bonne santé pourtant se passe de médecine et le meilleur docteur est celui dont l’art consiste à ce qu’on se passe de lui.

          Il est vrai qu’il y a des maladies. Le mieux est encore de se prémunir contre celles que l’on peut prévenir. Cela suppose des moyens. Les vôtres et ceux que vous trouvez dans la société où vous vivez. A quoi sert de soigner la malnutrition quand chacun mange à sa faim ? depuis qu’en 1959 la France s’est munie d’un ministère de la culture, les arts, les lettres et patrimoine ont subi une telle inflation médicastre que la santé du pays ressemble à un service de transplantation d’organes. Le cœur a maintenant son marché et on n’a jamais tant parlé de celui de l’art. Et il est bien connu que la rareté augmente les prix. Il y a donc des listes d’attente. Celles du bloc opératoire et celles des prébendes juteuses du ministère de la culture. 
          Sous couvert de montrer les chefs-d’œuvre à tous, Malraux avait inventé les maisons de la culture, d’inspiration collectiviste. Les temps étaient, paraît-il, à la troisième voie. Ni communisme ni américanisme triomphants. La culture devenait le viatique de remplacement d’une religion au service de la propagande d’état. De Gaulle et Malraux vivaient sur les hauteurs. Ils s’étaient , chacun à sa manière, donné la peine d’y monter. De leur sommet ils voyaient mal les détails et privilégiaient les vastes horizons, plus irréels car délestés des basses contingences. Celles-ci ne cessaient pas pour autant d’exister. Fournir le foin et la chandelle de la maison Culture devint très rapidement, avant et  après la mort des pères fondateurs, une véritable foire à l’encan pour laquelle les artistes prébendés se mirent au service de fonctionnaires distribuant les médailles de la création officielle. 

          Le Président sortant, qui savait critiquer les institutions de l’extérieur, les mit à son profit quand il les régenta. Son ministre de la culture eut charge de parler de tout en son nom. L’effet d’annonce peu à peu remplaçant le fait, tout devint culturel, immédiat, éphémère et consommable. Le véritable enjeu était démagogique. Le véritable moteur était la propagande. Parachevant  le tout, le règne prodigua les grands travaux à sa gloire – pour lesquels on ne lésina pas sur les superlatifs.  

En guise de troisième voie voulue par De Gaulle et Malraux, la Culture de ministère est devenue d’un côté la plus odieuse imitation des méthodes totalitaires par le pouvoir, et de l’autre, la soumission la plus vile à une culture de masse publicitaire, mercantile et vide : le Louvre concurrençant Disneyland, les tags dans le métro reliant les deux spectacles dans la même journée via le R.E.R, tapis rouge à Mickey Mouse. 

           Ceci n’est pas une caricature. C’est un résumé. Voilà plus de trente ans que nous vivons sous perfusion culturaliste. L’acharnement culturel  a tellement lavé les cerveaux qu’il n’est presque plus possible de parler d’art, à moins d’être une voix autorisée, engendrée ou orchestrée par la culture de sont ministère – de l’argent qui tourne autour. 

           La santé, on commence à en parler quand on la perd. C’est alors qu’il ne faut surtout pas se tromper de médecine. Car l’analogie entre l’art médical et le arts n’est pas seulement destinée à faire sourire sur l’origine professionnelle de notre nouveau ministre (à l’époque Philippe Douste-Blazy). Elle vaut comme un symbole. Les médicastres de la Culture ont pratiquement purgé ce pays de ce qui en faisait depuis des siècles son charme et son génie. L’esprit frondeur, l’élan spirituel, la générosité, la gravité et l’humour ont souvent été synonymes de « génie français », qui pouvait alors accueillir sans nombrilisme le génie d’autres peuples.

           Il faut choisir. Le vrai génie n’a peur de rien. Il se nourrit de son semblable. Il périclite au contact du nivellement par le bas. Confondre l’audience et la culture, c’est élever l’audimat en critère d’élection. La culture est un paysage devant lequel les uns méditent et d’autres prient, certains peignent, et quelques-uns s’extasient. Ce qui n’empêche pas, sous le même ciel, de pêcher à la ligne, danser la gigue ou conter fleurette. L’énorme escroquerie politique a consisté à vouloir faire croire que tout le monde pouvait se nourrir égalitairement du même plat et en jouir également. L’artifice étant d’ailleurs si peu digeste et si contraire à la nature humaine qu’on s’est empressé de crier de plus en plus fort ce qu’il fallait comprendre : tout se vaut. Le tag vaut Rembrandt et le Rock Mozart. 

          Il va sans dire que personne n’y croit, même pas les clientèles qu’on a voulu séduire et qui se savent, consciemment ou inconsciemment, manipulées. A force de prendre les gens pour des imbéciles, soit ils le deviennent par esprit de soumission, soit ils s’en moquent mais l’amertume les gagne. C’est alors que règnent les intégrismes, de toute nature. Le pouvoir culturel qui les a créés de toutes pièces se renforce alors au prétexte de les combattre. L’art contemporain officiel et international est un intégrisme qui se nourrit de ses semblables.  

          La culture, c’est comme l’amour charnel : plus on pratique moins on a besoin d’en parler. Les ministères de la culture successifs ont infantilisé le rapport à l’art, aux lettres et au patrimoine. Pourquoi pas aussi un ministère du Folklore (puisqu’il est mort), un ministère de la Pensée (à suivre) ;  et pour clore le tout, un ministère de l’Amour (hygiéniste) ?  

          Revenons à la santé, puisque notre ministre de la culture est médecin. A force de confondre santé et lobby pharmaceutique, on a fini par confondre le droit à âtre soigné avec l’angoisse d’être malade qu’entretiennent ceux qui nous nourrissent. Avant l’invention des ministères de la culture, les arts se portaient très bien. Ce qui va de plus en plus mal, par contre, c’est l’instruction publique. Elle seule permet à chacun d’épanouir ses moyens et de parcourir le vaste paysage culturel en fonction de ses talents, de sa sensibilité et surtout de sa libre autonomie, sans laquelle il n’y a jamais eu de culture véritable. Quand l’éducation n’est pas une propagande, la culture trouve toujours son chemin et n’a pas besoin qu’on le prenne par la main. Tout le reste est bourrage de crânes au service d’intérêts et de castes, qu’elles soient artistiques, politiques, publicitaires ou financières.   

           Le bonheur, c’est que tout a déjà été très bien dit sur ce problème par Marc Fumaroli dans un livre qui aurait pu nous éviter de confondre à jamais la défense des arts, des lettres et du patrimoine avec la propagande culturelle. Son livre s’intitule « L’état culturel (1)et nous espérons que notre « à nouveau » ministre de la Culture en fera son livre de chevet. Pour un spécialiste de la santé, cela devrait s’imposer.  

 

 
A. Crex  

(1) L’état culturel : essai sur une gestion moderne – Le livre de poche (Biblio Essais)

Par David Ramuscello - Publié dans : Humeur
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Mercredi 10 janvier 2007

L’art contemporel et la charogne.

Article parue dans le mensuel : Valeurs de l’Art – N° 34 – Juillet/Août 1995
 
 
L’art du temps sent la pourriture. Il en est des parfums comme de reste : tout est affaire de sensibilité. De l’exhalaison maligne qui inspira à Baudelaire son inoubliable poème après la vision d’une charogne aux élucubrations provocatrices et mondaines du petit monde infatué de ses tristes farces, et qui se répand sous le vocable d’Art Contemporain, il y a l’espace d’un gouffre. D’un gouffre ou d’une fosse à purin, puisque les senteurs de poubelle semblent le nec plus ultra pour certaines marines artistiques contemporaines – si l’on en juge d’après les dernières stupidités du moment. Encore que le purin qui, comme beaucoup l’ignorent, est la partie liquide du fumier, a toujours eu l’avantage de fertiliser les cultures. Il est difficile d’en dire autant de notre culture contemporaine et de l’art qui y fleurit.
 
Lors donc, le dernier truc artistique pour faire parler de soi est de récupérer les restes démodés d’œuvres contemporaines et de les recycler dans une nouvelle fourberie aussi juteuse que possible, médiatiquement parlant. Il est vrai que les caves des musées et des F.R.A.C (fond régional d’art contemporain) succombent sous le bric-à-brac des choses artistiques élevées au pinacle pendant quelques saisons. Après avoir enrichi les salons et leurs organisateurs, elles gisent sans espoir de jamais plus briller sous les feux de la mode et du snobisme. Qu’à cela ne tienne, d’aucuns ont imaginé de les recycler dans d’autres œuvres, histoire d’assaisonner les restes et de ne pas laisser pourrir les stocks. Les mêmes noms reviennent au tourniquet du cirque de l’art-business Buren, César, Arman, Tapiès, Viallat, Raynaud, Ben, Boltanski, Spoerri et consorts……. La liste est plus longue mais répète les noms du même club qui mange à tous les râteliers de la politique, du fric et de la bourgeoisie triomphante depuis deux ou trois décennies. Pour l’heure, cela s’appelle le Néo-Art-Cloche (1). Il faut bien un nom pour promouvoir un produit. Tous les publicitaires le savent et les artistes contemporains les suivent comme des chiens qui remuent la queue de plaisir.
 
Les chiens sont encore des chiens. Quand ils urinent sur du fumier, ils aident à décomposer les matières solides qui putréfient lentement. Quand les artistes contemporains remuent la queue, c’est que les écus tintinnabulent dans leurs gamelles. Repus et rotant dans leurs mangeoires, ils peuvent alors mourir de rire sur les exégèses pseudo-doctes concoctées autour de leurs canulars. L’engrenage se met alors en route. De références posées en expositions encensées, de marchés spéculatifs juteux en monographies fumeuses, plus personne n’ose revenir en arrière de peur de se dédire, de perdre sa place et de voir sombrer son compte en banque. Critiques, banquiers, politiciens, artistes branchés, même combat : la fuite en avant.
L’écuelle pourrait être le signe emblématique de cette sinistre cohorte qui ne sait pas quoi faire pour faire parler d’elle. Provoquer ! Il en restera toujours quelque chose. Et même si tout le monde et las, le nom, la marque compte plus que le fromage.
César, Arman, Buren, Ariel, Spontex. Ce sont des marques pas des artistes. Leurs marchands font du marketing et la critique sert de tambour médiatique. Qu’importe la lessive pourvu qu’on ait l’ivresse. D’ailleurs après quelques années de cette propagande formidablement orchestrée, une grande partie de la jeunesse, nourrie dès le biberon de cette rhétorique vide, en vient à considérer la pub comme de l’art. Lors donc, faire de l’art comme de la pub devient aussi naturel que de considérer la médiatisation comme une fin en soi. On en parle donc cela est. Mais il est clair que beaucoup de monde se bouscule au portillon. Il faut donc parler de plus en plus fort, sachant que les produits tournent et doivent, impérativement, être remplacés par d’autres.
 
La pub encensée par l’époque en viendra bientôt à justifier toutes les images pour vendre ses produits. Les Artistes contemporels qui ne vivent que dans sillage, en respirent les effluves. Pour l’heure nous en sommes à celles des poubelles. Attentions celles du bidet qui précéderont de peu, de très peu celles de la charogne. Celles-ci, sous toutes ses formes, se vendent d’ailleurs très bien en première page cde tous nos quotidiens. Signe du temps, les désodorisants aussi, à tous les parfums et sous tous les emballages possibles … fussent-ils vaporisés sous la forme d’un long débat électoral télévisé……
 
L’art contemporel se roule dans ses déjections, l’Etat s’en sert et vaporise. Ce petit monde est content ; il se prend pour le monde ; le monde est content ; le monde est sa fosse d’aisance. Pendant ce temps, les holdings de la communication de New York à Berlin et de Tokyo à Barcelone homogénéisent sur le papier glacé les productions de ses artistes manipulés et qui se prennent pour des agitateurs d’esprit.
Couper une Vénus en deux ou la peindre en bleu, compresser des ferrailles de voitures ou une batterie de casseroles sont devenus le must sur lequel le bourgeois triomphant se pâme, pendant que ses enfants taillent leurs Levis au rasoir et vont écouter des concerts de hard-rock, croyant échapper au monde. Ils le regagneront vite, très vite, quand les démangeront les premiers picotements qui épargnaient encore leurs méninges pasteurisées : « Papa ! Maman ! Je suis un artiste ! ». – « Bien, mon fils. Nous allons voir mon banquier et son homme de communication. Je vois que tu deviens raisonnable ! ».
 
C’est par antinomie que « La charogne » de Baudelaire s’est vu convoquée pour illustrer les pitreries contemporaines. Il serait peut-être opportun que ses administrateurs relisent, à l’endroit, le poème «  Au lecteur » qui introduit les Fleurs du mal :
(…)
Dans la ménagerie infâme de nos vices,
Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde !
Quoiqu’il ne pousse ni grands gestes ni grands cris,
Il ferait volontiers de la terre un débris
Et dans un bâillement avalerait le monde ;
C’est l’Ennui ! – l’œil chargé d’un pleur involontaire,
Il rêve d’échafauds en fumant son houka.
Tu connais, lecteur, ce monde délicat,
- Hypocrite lecteur, - mon semblable – mon frère !
 
  1. Crex
 

Le Néo-Art Cloche – Centre d’art contemporain – Ris-Orangis ( du 1er au 31 mai 1995)

Par David Ramuscello - Publié dans : Humeur
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